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La naissance de Maigret

  • 5 avr.
  • 4 min de lecture

Jules Amédée François Maigret, commissaire divisionnaire de la police judiciaire et chef de la brigade criminelle, est un personnage emblématique de la série de romans de Georges Simenon. Il est né dans le port de Delfzijl, au Pays-Bas, et a été affecté à la police judiciaire de Paris, où il a résidé au 36, quai des Orfèvres. Maigret est connu pour son approche unique de l'enquête, basée sur la compréhension de la personnalité des protagonistes et de leurs interactions, tout en se laissant guider par son instinct. Sa personnalité, résumée par son caractère bourru et son goût pour la bière, a été influencée par des éléments de la vie parisienne, ce qui enrichit son univers narratif.


Tel est la présentation habituelle du célèbre héros de Simenon, si célèbre que le jour où il est apparu aux côtés du pape sur le balcon du Vatican, les gens ont demandé qui était l’homme en blanc à côté du commissaire Maigret… Je déconne ! C’est Simenon lui-même qui parle le mieux de son commissaire. J’ai découvert un texte intitulé « La naissance de Maigret par Georges Simenon, dans un opus intitulé « La première enquête de Maigret » . Simenon avait déjà soixante-trois ans et Maigret environ cinquante-deux.  Simenon explique que lorsqu’il a créé Maigret ce dernier avait quarante-cinq ans et lui-même vingt-cinq ans. Le héros de papier a donc vieilli moins vite que son créateur.  Pourquoi Maigret est-il né dans le port de Delfzijl ; le plus septentrional des Pays-Bas, au bord de l’Ems ?  A vingt-quatre ans, Simenon s’est acheté un petit bateau de cinq mètres, le Ginette, qu’il a aménagé. C’était en 1927 qu’il navigua en France , du nord au midi et de l’est à l’ouest. C’est avec un nouveau navire l’Ostrogoth qu’il pénètre dans le port de Delfzijl. Il écrit : « J'étais amarré dans l'avant-port, face aux bateaux pilotes, et je me souviens particulièrement de la découverte que je fis de la ville rose, entourée de digues, de ses portes qui ne sont pas destinées à décourager des assaillants éventuels mais, par mauvais temps, à empêcher la mer de s'engouffrer dans les rues ».


En 1966, l’éditeur néerlandais Bruna commanda une statue de Maigret à installer à Delfzijl. Simenon fut présent à l’inauguration de sa statue, avec six Maigrets : Rupert Davies (Grande-Bretagne), Heinz Ruhmann (Allemagne), Gino Cervi (Italie), Jan Teuling (Pays-Bas)… pour la France, Michel Simon et Jean Gabin. C’est un bronze de à peine un mètre vingt de haut, posé sur un piédestal en pierre au milieu d’une pelouse ombragée. Sous le feuillage de frênes vieux de cinquante ans, à quelques pas d’un canal, on trouve Maigret, solide, un peu grognon, avec son chapeau et sa pipe, et un manteau épais sur les épaules. Sa statue se dresse ici depuis le 3 septembre 1966, à l’angle des rues Ruksweg et Jaagpad, dans un étrange incognito de verdure...

Simenon raconte sa vie dans ce petit port où est né le commissaire Maigret. A ce sujet, il écrit : « Ai-je bu un, deux, ou même trois petits genièvres colorés de quelques gouttes de bitter? Toujours est-il qu'après une heure, un peu somnolent, je commençais à voir se dessiner la masse puissante et impassible d'un monsieur qui, me sembla-t-il, ferait un commissaire acceptable. Pendant le reste de la journée, j'ajoutai au personnage quelques accessoires: une pipe, un chapeau melon, un épais pardessus à col de velours. Et, comme il régnait un froid humide dans ma barge abandonnée, je lui accordai, pour son bureau, un vieux poêle de fonte. Le lendemain à midi, le premier chapitre de Pietr-le-Letton était écrit. Quatre ou cinq jours plus tard, le roman était terminé ». Ce roman ne sera pas le premier publié de la série mais le troisième.

La première enquête de Maigret est profondément liée à la vie de Simenon : Son passé de journaliste (sens du détail et du réel)- Ses voyages (décors variés et cosmopolites)- Son intérêt pour l’humain (approche psychologique)

Pietr-le-Letton n’est pas seulement un roman policier : c’est la naissance d’un style unique, où l’enquête devient une exploration de la condition humaine.

Résumé :

Pendant la nuit du 15 au 16 avril 1913, Justin Minard, un jeune flûtiste des concerts Lamoureux, pénètre dans le commissariat du quartier Saint-Georges. En revenant de son travail, il a entendu, provenant d'un hôtel particulier, au 17 bis de la rue Chaptal, le cri d'affolement d'une femme suivi d'un coup de feu. Le flûtiste s'est précipité, a sonné à la porte, mais s'est fait repousser par le maître d'hôtel. Maigret, secrétaire du commissariat, accompagne Minard jusqu'à la maison suspecte. Richard Gendreau, directeur des cafés Balthazar, ironique, lui fait visiter les lieux ; Maigret n'y relève aucun détail suspect, sauf la frayeur de Félicien Gendreau, mais il est persuadé que rien n'est clair dans cette affaire. Le lendemain, le mondain commissaire Le Bret, dont Maigret dépend directement, octroie un congé à son subordonné, pour qu'il puisse continuer officieusement l'enquête, les Gendreau-Balthazar étant trop puissants pour qu'on puisse mener ouvertement une enquête à leur sujet. En fait, Le Bret est persuadé que Maigret ne trouvera rien. Et pourtant, Maigret, aidé par Minard, va découvrir en peu de temps que la famille Gendreau-Balthazar n'est pas au-dessus de tout soupçon. Maigret, grâce à cette enquête, deviendra inspecteur à la Sûreté.

 



 
 
 

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